Au Pays du Soleil Levant, le thé vert est omniprésent. On le consomme au quotidien en boisson chaude ou froide. Aussi, cet ingrédient se retrouve dans de nombreuses spécialités culinaires ou pâtisseries. De sa culture à sa consommation, ce breuvage est infusé de bouddhisme zen.
Au Japon, le thé est une boisson incontournable totalement ancrée dans la culture nippone. On le consomme au cours des repas et tout au long de la journée. Par ailleurs, cette infusion est souvent proposée à volonté dans les restaurants à la place de l’eau.

La Cérémonie du thé est appelée chado ou chanoyu. Cette dernière est codifiée au XVI siècle par le grand maître du thé japonais Son no Rikyû. Ce n’est qu’au XXe siècle que ce breuvage devint une boisson quotidienne, grâce au développement de l’industrialisation et des récoltes mécanisées.
Au Japon, l’espérance de vie bat tous les records. Si le pays compte autant de centenaires, c’est peut-être grâce à la consommation importante de thé vert. En effet, le thé japonais possède de nombreuses vertus pour la santé grâce aux polyphénols. Ils sont présents dans les théiers issus du Camellia Sinensis. Contrairement aux thés noirs qui ont été entièrement fermentés, le thé vert reste très pur. Ainsi l’organisme profite pleinement de ses bienfaits.
Cet anti oxydant naturel va aider les cellules à lutter contre le stress oxydatif responsable du vieillissement et de certaines maladies. Ainsi boire du thé aide à prévenir le risque de diabète, d’hypertension et de cancer en complément d’une hygiène de vie saine. Mais ce n’est pas tout, cette boisson ancestrale régule l’absorption des graisses, aidant ainsi à garder la ligne. De plus, le thé japonais aurait des vertus sur l’esprit. Il apaiserait le mental et augmenterait la concentration tout en maintenant l’éveil. C’est d’ailleurs pour cela que les moines bouddhistes l’utilisent pour la méditation.
Un thé bio est gage de qualité à condition qu’il ait été cultivé en altitude, avec de bonnes conditions météo, récolté au bon moment et fabriqué avec soin lors des différentes étapes (séchage, broyage….). La préparation du cette boisson chaude tient également un rôle prépondérant tant sur le plan gustatif qu’au niveau des bienfaits pour la santé. Ainsi, la température et le volume d’eau, la quantité de feuilles et le temps d’infusion sont des facteurs déterminants qui varient selon les variétés.
Certains thés riches en théines comme le gyokuro se consomment davantage le matin alors que d’autres comme le sencha accompagnent les repas ou sont bus au cours de la journée. Le soir les Japonais privilégient les thés moins stimulants comme le bancha ou le genmaicha. Le matcha se boit 1 à 2 fois par semaine ou tous les jours. Tandis que le sincha se consomme en cure.
Si les Japonais boivent souvent du thé à la place de l’eau, il vaut mieux consommer cette boisson en dehors des repas pour ne pas limiter l’absorption du fer. De même, le thé est accusé de réduire l’efficacité de certains médicaments. On se limitera à un maximum de 5 tasses par jour pour éviter les effets indésirables comme les troubles du sommeil, par exemple. Bien sûr, cette recommandation est variable en fonction de la sensibilité de chacun. Pour une bonne conservation, on met le thé dans une boîte à thé hermétique et opaque pour protéger les feuilles de l’humidité et de la lumière. Cette dernière doit être stockée dans un endroit frais et sec. Le thé vert se conserve quelques mois sans dépasser un an pour garder un maximum de qualité. Le thé matcha doit être conservé au réfrigérateur de préférence et utilisé rapidement.
Originaire de Chine, le thé matcha est un thé traditionnel très noble au Japon. Comme le Gyokuro, il a été privé de lumière. Il est conçu avec du tencha séché (feuilles auxquelles on a enlevé les nervures). Ces dernières sont broyées afin d’obtenir une poudre très fine. Le thé matcha a une préparation très particulière. On le mélange à de l’eau chaude grâce à un petit fouet en bambou appelé chasen. Son goût est puissant et sa conservation fragile.

La préparation du thé influe énormément sur sa saveur. De plus, chaque variété a ses propres recommandations. Vous souhaitez profiter de tous les arômes et des bienfaits de cette boisson délicieuse ? Voici quelques conseils pour faire un vrai thé japonais dans les règles de l’art.
Tout d’abord, on met le thé dans une théière traditionnelle (kyusu). La quantité de feuilles et d’eau est variable. Pour le sencha on conseille 2 à 3 gr de feuilles dans 60 à 90ml d’eau/personne alors que le gyokuro requiert environ 3g dans 20 ml d’eau pour un goût très concentré. Enfin le bancha doit être beaucoup plus dilué.
On fait chauffer l’eau dans une casserole (ou une bouilloire) à 90°. Afin de refroidir cette eau, on la verse dans une tasse de thé ou un yuzamushi puis on attend une minute avant de la transvaser dans la théière. Ainsi on obtient une température d’environ 80°C, idéale pour le thé sencha par exemple. En répétant cette opération plusieurs fois, on peut régler la température selon les recommandations. Par exemple, la température indiquée pour un thé Gyokuro étant de 50°- 60°C, on effectuera ce transvasement trois fois. Le thé bancha et Hojicha quant à eux s’infusent dans l’eau bouillante.

On laisse infuser de quelques secondes à trois minutes selon le type de thé et ses préférences gustatives (environ 2 minutes pour le Gyokuro et le sencha haut de gamme, 1 minute pour le sencha standard et à peine 30 secondes pour le Hojicha et le Bancha). Ensuite, on remplit les tasses petit à petit en passant de l’une à l’autre afin d’avoir la même intensité. On peut pratiquer plusieurs infusions, sauf pour le Genmaicha.
Plus qu’une boisson ancestrale, la préparation et la dégustation du thé représentent un art dans la culture japonaise. Véritable moment de détente où le temps s’arrête, apprenez à savourer ce breuvage raffiné.