Ikigai : une philosophie japonaise du bonheur.

kigai ou ikigaï,est une philosophie qui nous vient du Japon. On peut voir ikigai comme un outil qui nous permet de faire le point et nous donne une ligne directrice. Trouver son ikigai, c’est trouver un meilleur équilibre de vie. Si vous n’avez pas autant de motivation et de plaisir qu’avant pour vous lever le matin, la méthode ikigai peut alors vous aider à analyser la situation et trouver des solutions.

Comment trouver son ikigai?

Concept. L’ikigai a été défini par Dan Buettner, reporteur de National Geographic. Il a étudié la vie des habitants de l’île japonaise Okinawa, connus pour leur longévité et bonne santé. Six facteurs, comme hérédité ou nourriture saine, sont alors identifiés. En parallèle, le reporteur découvre également une philosophie de vie que les locaux appellent “joie de vivre” ou “raison d’être”: l’ikigai. Alors, comment trouver son ikigai?

Quatre éléments. L’ikigai se situe à la croisée des chemins entre:

  1. Plaisir | Ce que j’aime faire
  2. Talent | Ce dans quoi je suis doué.
  3. Besoin | Ce dont le monde a besoin
  4. Revenus | Ce pourquoi je suis payé.

Ainsi, plusieurs précisions sont nécessaires pour bien comprendre le schéma ci-dessous :

  • Quand on parle de ce pourquoi on peut être « payé », il s’agit plutôt ce pour quoi on peut être reconnu, valorisé (reconnaissance).
  • La notion de mission est liée à la communauté, au fait de participer à quelque chose de plus grand (et non pas à une mission au sens professionnel).
  • La vocation est une combinaison entre travail et bien-être, mais n’implique pas nécessairement d’avoir toutes les compétences requises ou de pouvoir être rémunéré.
  • D’une manière générale, la notion d’argent et de profession n’ont presque pas lieu d’être dans l’ikigai, puisqu’il s’agit d’une quête de sens dans sa vie, et non pas une recherche formelle d’emploi. Mais bien entendu, dans les faits, la profession joue un rôle essentiel dans nos sociétés.

On comprend alors pourquoi trouver son ikigai, c’est génial!

En voyant ce dessin, pensez-vous avoir trouvé votre ikigai? Est-ce que ce que vous faites aujourd’hui se trouve à l’intersection de ces 4 éléments? Si oui, félicitations! Sinon, quel élément vous manque-t-il? Et lequel est au top niveau?

Avant de partir à la recherche de l’ikigai et de savoir comment faire l’exercice de l’ikigai, on peut d’abord faire un point sur notre situation actuelle. Si les réponses ne viennent pas, peut-être que ce test sera utile.

Trouver son ikigai: méthode et exercice

Au-delà de faire un point, il est également possible d’utiliser le concept de l’ikigai comme un outil pour trouver un meilleur équilibre de vie. Avant de commencer à travailler sur le sujet, sachez qu’aucune activité n’est exclue. L’ikigai peut concerner tous les domaines, tant qu’on y trouve plaisir et satisfaction et qu’on est compétent dans cette activité.

Exercice simple

La méthode la plus simple pour remplir son ikigai est l’auto-questionnement.

  • Prenez un crayon et le dessin de l’ikigai, ou bien dessinez-le vous-mêmes sur une feuille.
  • Remplissez toutes les cases en pensant à toutes vos expériences passées, de votre enfance à aujourd’hui.

Votre dessin d’ikigai sera unique. Par conséquent, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. L’essentiel est d’être honnête avec soi-même. Se dire les choses. Voici quelques questions qui peuvent vous aider.

Ce que j’aime faire?

Qu’est-ce qui me fait plaisir, qu’il s’agisse de loisirs, de relations, de travail, que ces activités soient rémunérés ou non, etc.? À quel moment je me sens vraiment heureux? Même s’il s’agit de “pas grand-chose”, écrivez-le. C’est le 1ème élément de l’ikigai, le plaisir.

Ce dans quoi je suis doué?

  • Élargissez les champs: au travail, à la maison, en voyage ou bien le week-end. Cherchez ce qui vous donne des ressources. Par exemple, faire du jardinage, écrire, faire des présentations.
  • Pensez à votre enfance ou bien votre adolescence. Qu’aimiez-vous faire? Quel était votre passe-temps favori? Et surtout qu’est-ce qui vous plaisait dans ce passe-temps?
  • Listez ces activités, puis analysez. Pourquoi j’aime faire cette activité ou pourquoi j’aimais le faire? C’est alors en comprenant le pourquoi que vous allez pouvoir mieux comprendre ce que vous aimez vraiment.
  • Oubliez le résultat final, pensez plutôt processus, qu’est-ce que vous aimez faire sans fin ou but précis?

C’est le 2ème élément de l’ikigai: nos talents. En résumé, il s’agit souvent des choses qui nous paraissent naturelles et spontanées. Ce sont alors plus les autres qui nous le disent et nous le font remarquer. En gros, c’est ce que vous savez faire, voire très bien faire.

  • Repensez aux moments où vous avez eu des retours positifs. Sur quoi portaient-ils? Si vous recevez régulièrement des compliments sur ce sujet, il s’agit certainement d’un de vos talents.
  • Demandez-vous ce que vous faites avec aisance, sans grands efforts. Comparez si dans ce même domaine, vous voyez des personnes qui ont plus de difficultés que vous.
  • Demandez à vos proches de vous décrire un exemple où ils vous ont trouvé particulièrement brillant.e.
  • Notez alors tout ce qui vous vient à l’esprit.

Ce dont le monde a besoin?

C’est le 3ème élément de l’ikigai. Que pourrais-je apporter au monde? Ce sont des choses qui peuvent correspondre aux concepts globaux comme la justice ou l’honnêteté, mais aussi des choses plus basiques dont le monde aura toujours besoin, comme manger, s’habiller ou voir du beau. Concentrez-vous sur les activités pour lesquelles vous êtes ou pourriez être rémunéré(e), mais aussi celles pour lesquelles vous pouvez être remercié(e), apprécié(e), reconnu(e), etc.

Voici quelques conseils pour remplir cette partie de l’ikigai:

  • Notez les activités qui répondent aux besoins du monde. Quelles sont les activités qui sont nécessaires au monde d’aujourd’hui? Qu’est-ce qui répond aux problématiques actuelles ou aux problématiques futures?
  • Pensez également à ce qui se dit autour de vous. Par exemple, par quoi les personnes sont-elles préoccupées en ce moment ou en général?

Ce pour quoi je suis payé?

Et oui, la dure réalité est là. Afin de trouver notre ikigai, nous avons également besoin de revenus. C’est donc le 4ème élément.

  • Listez ce qui vous apporte un revenu aujourd’hui.
  • Cherchez ce qui pourrait vous apporter un nouveau revenu. À combien s’élèverait-il? Par exemple, si vous êtes salarié et vous êtes bon en anglais, vous pouvez donner des cours. Par contre, rappelez-vous, il n’est pas question ici de penser si ça vaut le coup ou non. Listez tout, même si vous ne pensez pas vouloir le faire ou que ça ne soit pas réaliste ou pas assez facile à atteindre. L’objectif dans cette partie est d’ouvrir les possibilités.
  • Ouvrez la réflexion. Pourquoi aimeriez-vous être payé.e?
  • Pour cette catégorie, il ne s’agit pas de faire un inventaire simpliste et général des activités à valeur ajoutée pour le monde dans sa globalité. Réfléchissez plutôt à ce qui peut apporter quelque chose de positif aux autres, même si la portée de ces activités est limitée. Ces dernières peuvent donc apporter des « petits plus » ou changer le monde.

Conseils pour trouver son ikigaï

L’ikigai est ce qui se situe à l’intersection des 4 éléments que l’on vient de parcourir. Comment remplir son ikigai?

  • Cherchez désormais ce qui pourrait regrouper les 4 aspects, ou juste 2 ou 3 d’entre eux.
  • Afin de remplir le dessin, vous pouvez aussi utiliser des crayons couleur, des images, des stickers ou tout ce qui sera plus parlant pour vous.
  • Prenez votre temps. Tout ne vous viendra pas à l’esprit le même jour.
  • Par ailleurs, ne vous inquiétez pas si vous ne trouvez pas une seule activité qui remplit les 4 éléments à la fois. Notre ikigai peut correspondre à plusieurs activités formant un ensemble. Trouver son ikigai, c’est trouver un équilibre, c’est-à-dire des activités dans lesquelles tous les 4 éléments ont une réponse.
  • Ne vous mettez pas la pression. Nous vivons de nouvelles expériences, rencontrons de nouvelles personnes, apprenons de nouvelles choses. Notre ikigai n’est donc pas figé, il évolue avec nous.
ikigai se questionner

Et si vous arrivez à identifier des activités qui sont au croisement de trois domaines, vous aurez trouvé une sérieuse piste d’ikigai. Quelque chose « manquera » à ces dernières (voir les limites à celles-ci sur le schéma), mais le chemin à parcourir pour en faire votre ikigai sera réduit.

Enfin, si certaines activités permettent de « cocher toutes les cases », alors votre ikigai est à portée de main ! Cela vous paraîtra probablement être une évidence, une fois que vous les aurez identifiées. A l’inverse, si rien ne ressort spécifiquement, continuez à explorer des activités qui piquent votre curiosité. C’est de cette manière qu’on finit par trouver sa voie, en expérimentant de nouvelles choses et en sortant de sa zone de confort.

L’ikigai est un concept nippon qui présente donc un réel intérêt puisqu’il permet d’aborder les choses avec une grille de lecture assez complète. Évidemment, trouver l’épanouissement et les activités qui nous « parlent » est un travail de longue haleine, et qui nécessite du temps et des efforts pour la plupart d’entre nous.

L’objectif n’est pas ici de proposer un énième outil de bonheur au travail qui consisterait à donner du sens à des professions qui n’en ont parfois plus (ou en tout cas plus pour les salariés concernés). L’idée est plutôt d’entamer un travail sur soi et sur ses objectifs. En effet, les pistes de notre propre épanouissement restent souvent occultées, faute de travail réflexif sur le sujet. Que vous trouviez votre ikigai aujourd’hui ou dans trois ans, un travail sur le sujet permet de prendre du recul et de mettre les choses à plat. Et la réflexion que vous aurez entamé vous permettra, quoi qu’il arrive, d’avancer !

Faites l’exercice avec d’autres personnes.

Pour certains, faire cet exercice avec une ou plusieurs autres personnes peut être bénéfique. Surtout si elles sont aussi en phase de questionnements, ou sinon si elles sont ouvertes et savent apporter un regard critique constructif. Pourquoi?

  • Voir les choses sous un nouvel angle, trouver de nouvelles possibilités que nous ne voyons plus.
  • Tout simplement nous donner confiance dans notre démarche. Trouver son ikigai et passer à l’action, ce sont deux choses différentes.