Artemisia Annua est une plante originaire de Chine de la famille des Astéracées.
Elle est aujourd’hui cultivée dans de nombreuses zones du globe, y compris en Europe.

L’armoise annuelle contient de très nombreux métabolites secondaires : des terpénoïdes, des flavonoïdes, des coumarines, des stéroïdes, des purines, des lipides, et de nombreux composés phénoliques. On compte également dans toutes les parties de la plante des vitamines, des protéines, des acides aminés et des fibres. Enfin, elle est riche en minéraux et oligoéléments tels que potassium, calcium, magnésium, manganèse, zinc…

Une panoplie complète très intéressante sur le plan nutritionnel. On note que sa richesse en métabolites secondaires et en vitamines A et E notamment lui confèrent une bonne activité antioxydante.

Il est par ailleurs essentiel de s’arrêter sur le principe actif principal d’Artemisia Annua : l’artémisinine. Il s’agit d’une lactone sesquiterpénique, associé à un groupe péroxyde. C’est cette molécule complexe qui montre des effets spectaculaires sur le paludisme. La médecine occidentale s’étant penchée sur ce composé avec des résultats concluants, la culture d’armoise à visée thérapeutique s’est étendue.

L’activité d’Artemisia Annua a été également mise en évidence pour des souches bactériennes pathogènes :

  • Staphylococcus aureus ou staphylocoque doré, qui cause de nombreuses infections communes telles que des intoxications alimentaires, des otites…
  • Salmonella enterica, la bactérie notamment responsable de la salmonellose comme son nom l’indique.
  • Klebsiella pneumoniae, l’une des souches qui provoque des pneumonies.
  • Shigella dysenteriae, une autre bactérie causant des intoxications alimentaires.
  • Escherichia coli, un bacille présent dans l’organisme humain et non pathogène la plupart du temps. Certaines de ses souches peuvent toutefois occasionner des infections sévères, urinaires ou gastro-intestinales.

Par ailleurs, la recherche se porte aussi sur son activité antivirale :

Des chercheurs ont montré que l’infusion d’armoise annuelle est efficace in vitro sur le virus de l’immunodéficience humaine, le VIH / SIDA. L’étude mentionne que l’artémisinine ne serait pas seule à l’origine de cette activité antivirale. De même, les extraits d’armoise annuelle se montrent actifs contre le virus de l’herpès.

Une action anti-cancer prometteuse :

Plusieurs études se sont penchées sur le potentiel anti-cancer d’Artemisia Annua. De premiers résultats positifs ont été publiés sur la métastatisation du cancer du sein notamment. Également, l’administration d’armoise a montré des effets anti-prolifératifs, anti-métastases et pro-apoptotiques, c’est-à-dire stimulant le suicide des cellules tumorales. ‌

Des propriétés anti-inflammatoires utiles en rhumatologie :

La littérature scientifique documente le contrôle inflammatoire des extraits d’armoise, in vitro. L’acide rosmarinique contenu dans l’armoise inhibe in vitro l’expression des interleukines, qui sont des cytokines, des composés inflammatoires.
Dans une autre étude, l’extrait de la plante inhibe l’activité de l’oxyde nitrique et de l’anticholinestérase, qui favorisent tous deux la surinflammation.
Cette action anti-inflammatoire se traduit par une amélioration des symptômes de l’arthrose, diminution des douleurs et des raideurs articulaires.
Enfin, une étude menée sur des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde a été conduite. Les participants subissaient soit un traitement classique à base de corticoïdes, soit ce traitement combiné à un extrait d’armoise. Les patients ayant suivi cette combinaison ont montré une plus grande diminution des douleurs et des gonflements, ainsi qu’une baisse des effets secondaires par rapport aux autres.

Pourquoi prendre de l’armoise annuelle?

  • Traitement contre le paludisme
  • Activités antimicrobienne et antiparasitaire
  • Action anti-cancer prometteuse
  • Propriétés anti-inflammatoires
  • Amélioration de certaines maladies métaboliques

Quelles sont les mises en garde?

L’armoise annuelle est contre-indiquée pour les femmes enceintes, allaitantes et pour les jeunes enfants.
Elle est également déconseillée pour les personnes souffrant d’ulcères ou de troubles gastro-intestinaux.


NB : Ne pas confondre avec “Artemisia Absynthium” (Wormwood), aussi appelée Absinthe, qui est utilisée dans les protocoles anti-parasitaires avec le brou de noix noire. Ni avec l’Artémisinine qui est un extrait chimique. D’ailleurs on voit qu’une autre espèce d’artemisia, l’Artemisia afra, est elle aussi extrêmement efficace contre la malaria et elle ne contient pas d’artémisinine, preuve qu’une fois de plus, l’obsession du composant actif est un leurre. On a recensé plus de 400 composants dans la plante, plus de 20 sont antipaludiques. C’est cette synergie de composants qui fait son efficacité. L’armoise vulgaire (Artemisia vulgaris) peut aussi éventuellement être utilisée, elle est juste un peu moins puissante et spécifique.

L’armoise annuelle lutte également contre le virus covid19.
C’est une excellente plante qui est cultivable en France.
A vos graines…

Trois plantes complémentaires à la précédente :

  • Céanothe d’Amérique (Ceanothus americanus ou red root en anglais) : Elle est utilisée lorsqu’il y a de l’inflammation, de l’infection ou de l’enflure au niveau des ganglions, des amygdales, de la rate, de l’appendice ou du foie. Elle pourra faire partie d’un protocole pour soutenir la rate et aider à l’élimination du parasite via le système lymphatique. Ne pas utilisez en même temps que des médicaments coagulants, anticoagulants ou lors de troubles de coagulation du sang et lors de la grossesse.
  • L’eupatoire perfoliée (aussi appelée eupatoire blanche, Eupatoire perfoliatum en latin, boneseten en anglais) : l’utilisation des plantes aériennes avant utilisation des fleurs est particulièrement intéressante pour traiter les symptômes qui accompagnent la babésia, lorsque celle-ci est accompagnée de douleurs dans les « os » et les muscles, de fièvre et de frissons intermittents. Elle va aider à faire aboutir la fièvre et réduire les douleurs qui l’accompagnent.
  • Le sureau (Sambucus canadensis ou Sambucus nigra en latin, Elderberry en anglais) : C’est une autre diaphorérique froide intéressante en cas de fièvre intense et récurrentes comme dans le cas de la babésiose. Les fleurs et baies de sureau ouvrent les pores de la peau et présentent un intérêt supplémentaire pour les co-infections virales transmises ou réactivées par la piqure de tique.

Sites d’informations concernant l’armoise annuelle :
La maison de l’artémisia
Kokopelli : comment cultiver l’artémisia